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1969-1977: Le London Symphony Chorus Suggérer par mail


En 1969, John Alldis quitte son poste de chef du Chœur du London Symphony Orchestra (LSO). Le chef d’orchestre, Istvan Kertesz, propose ce poste à Arthur, dont il a apprécié le travail sur le « Psalmus Hungaricus » de Kodály, présenté au Festival d’Edimbourg en septembre 1967. Istvan Kertesz, d’origine hongroise, avait particulièrement été sensible à la maîtrise d’Arthur concernant la prononciation hongroise et enchanté par la prestation du chœur du Festival.


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Royal Festival Hall (South Bank) à Londres
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Lors de la première réunion avec les choristes du LSO, Arthur est clairement informé de la difficulté de la tâche, car ceux-ci sont restés fortement attachés à leur ancien chef, en dépit de ses démêlés administratifs. L’œuvre au programme est la Deuxième Symphonie de Mahler et le chef invité est Claudio Abbado.

Des difficultés vont surgir dès la première répétition. Les basses informent Arthur que personne parmi eux ne peut chanter le Si bémol grave et que l’habitude est d’avoir recours à des professionnels, choisis par eux-mêmes, pour renforcer le chœur. Fort de son expérience, Arthur refuse cet amalgame de professionnels et d’amateurs, et répond qu’ils devront répéter jusqu’à obtention du résultat escompté. Finalement, le but recherché sera atteint.

Le premier concert sera également générateur de sueurs froides. Cette œuvre est redoutable pour les choristes qui doivent rester silencieux durant beaucoup plus d’une heure de musique instrumentale avant une entrée a cappella aussi douce que possible. En répétition, Abbado avait coutume de faire une pause prolongée au cours de la mesure précédant l’entrée du chœur, ce qu’il ne fait pas le jour du concert. Tandis qu’il continue à battre la mesure, personne ne chante, puis quelques courageux se jettent à l’eau, chantant timidement et sont rejoints progressivement par d’autres qui veulent éviter le désastre et finalement la situation est sauvée. Le lendemain, les critiques sont unanimes à propos du chœur, ils ont particulièrement apprécié son entrée si douce et l’impression de mystère qui s’en dégageait.

Cet heureux dénouement contribue à établir un premier lien entre le chœur et le chef, mais les difficultés de relations vont persister. Le chœur du LSO a une particularité, il dispose d’un comité des choristes et d’une constitution rédigée et âprement défendue par ses membres. Arthur découvre que ce comité négocie des concerts, des programmes et des tournées sans l’en informer. Finalement après diverses péripéties au cours desquelles Arthur reçoit l’appui de l’orchestre, le chœur est dissous et immédiatement reconstitué sous l’autorité du seul chef de chœur.

Dorénavant, Arthur ne tolèrera plus jamais de comité de chœur, considérant que son chef doit posséder suffisamment d’autorité et de compétence pour prendre non seulement des décisions d’ordre musical mais également pour défendre les intérêts des choristes confrontés aux problèmes administratifs ou aux caprices de certains chefs d’orchestres.

Dès sa prise de fonction à la tête du chœur du LSO, Arthur qui continue à assumer la direction des trois chœurs écossais – à la Cathédrale et au Festival d’Edimbourg, ainsi qu’au Scottish Opera – se trouve entraîné par le chef Colin Davis dans une série de projets sur les œuvres de Berlioz ignorées à cette époque. Ce sera « La Grande Messe des Morts » en 1969 à la cathédrale de Westminster et « La Damnation de Faust » en 1973, avec les très importants moyens orchestraux requis par ces œuvres. L’enregistrement de ces œuvres sera suivi par celui de la quasi-intégralité de la musique religieuse de Mozart.  

En 1970, Arthur a l’occasion de retrouver Leonard Bernstein pour un projet d’enregistrement du Requiem de Verdi. « Lenny » a du repousser le projet à plusieurs reprises en attendant que le ténor de son choix soit disponible. Lors de la première répétition, il est évident qu’il a trop attendu et que le ténor ne jouit plus de sa voix de jeunesse, il est même fini. Et dès qu’il ouvre la bouche, les musiciens de l’orchestre commencent à glousser, il finit par quitter la place. En urgence on trouve un remplaçant, il s’agit d’un jeune chanteur espagnol qui fait immédiatement sensation : Placido Domingo.

Le LSO est, selon Arthur, le plus brillant orchestre de Londres à cette époque, mais il est arrogant. Ces musiciens ont un comportement déplorable durant les répétitions, sans respect pour les chefs, même les plus grands. A tel point que Carlo Maria Giulini, après avoir enregistré la Neuvième Symphonie de Beethoven en novembre 1972, renonce à enregistrer le cycle complet comme prévu et jure de ne plus travailler avec eux, non pas parce qu’ils ne respectent pas le chef mais à cause de leur manque de respect pour Beethoven.

A de multiples reprises, Arthur travaille avec André Previn qu’il définit comme un musicien brillant et doué, avec un grand sens de l’humour. Très modestement celui-ci lui demande un jour des conseils sur la façon de diriger un chœur. Arthur lui conseille de noter sur la partition les différentes entrées du chœur par des couleurs différentes. Très rapidement André Previn deviendra, selon Arthur, un directeur choral de première classe. Ils enregistreront ensemble plusieurs oeuvres : « Alexandre Newsky » de Prokofiev (1971), « Belshazzar’s Feast » de Walton (1972), « Carmina Burana » de Orff (1974), « The Bells » de Rachmaninov (1975). André Previn sera nommé chef principal du LSO après le décès accidentel d’Istvan Kertesz. (Istvan Kertesz s’est noyé le 16 avril 1976 alors qu’il se baignait en Méditerranée au large de Kfar Saba en Israël).

Enfin, dans ses mémoires, Arthur rapporte sa seule et troublante collaboration avec le célèbre chef Leopold Stokowski, alors âgé de 92 ans. Lorsqu’il entre dans la salle où doit se dérouler la répétition avec piano, Arthur constate que la disposition des sièges des choristes a été totalement modifiée. Fort mécontent, il s’enquiert du responsable de ce bouleversement. Il s’agit du jeune agent du maître qui explique avec une extrême délicatesse que son protégé doit être installé le dos au mur et que lui et Arthur doivent l’encadrer pour prévenir une éventuelle chute au cours de la répétition. Il s’agissait là de la triste fin d’une grande carrière, et le concert qui suivit fut probablement le dernier. Dans la discographie du LSO, on trouve un enregistrement de la Deuxième Symphonie de Mahler, sous la direction de Leopold Stokowski, le 10 août 1974 à Walthamstow Town Hall.



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