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Un Dudamel en très grande forme à Paris
02-05-2012


Gustavo Dudamel vient de diriger trois magnifiques concerts à Paris en l’espace de quelques semaines. Les 13 et 20 avril il était à la tête du Philharmonique de Radio France dans les symphonies de Brahms et le 3 mai avec les «Berliner Philharmoniker» dans la cinquième symphonie de Beethoven et «Ainsi parlait Zarathoustra» de Richard Strauss. Toute venue de Gustavo Dudamel à Paris est un évènement toujours détonnant dans ce monde un peu poussiéreux qu’est trop souvent le milieu de la musique symphonique à Paris. Et comme cela fait du bien ! Il faut dire que Radio-France n’a pas hésité à annoncer largement ces concerts Brahms dans la presse et à organiser une journée spéciale dédiée au jeune chef vénézuélien sur France-Musique le 20 avril.

En ces jours encore frais d’avril, il régnait aux abords de la salle Pleyel une certaine fébrilité dont témoignent les quelques pancartes «cherchent des places» qui rappellent les heures fastes quand Giulini, Karajan, Ozawa ou Solti remplissaient Pleyel trois soirs de suite et que les places étaient rares. Premier constat réjouissant : alors que le second concert a lieu pendant les vacances scolaires, la salle est pleine à deux reprises. On sait que ces congés servent trop volontiers d’alibi à certains responsables qui se contentent de se désoler du peu de fréquentation de certains de leurs concerts sans rien faire pour que cela change ! Gustavo Dudamel était très attendu par les musiciens du Philharmonique auprès desquels il semble faire l’unanimité depuis leur première rencontre en 2007. Et l’orchestre, en pleine forme artistique en ce moment, sonne magistralement lors de ces concerts Brahms. Les musiciens ont à l’évidence grand bonheur à jouer avec ce chef souriant, engagé et stimulant et une complicité s’est manifestement installée entre eux. La direction de Dudamel toujours précise demande beaucoup et les musiciens répondent avec panache et précision à ses sollicitations. Si le premier concert (symphonies 1 et 3) a pu surprendre, le deuxième consacré aux seconde et quatrième a montré la parfaite adéquation entre ce chef exceptionnel et deux œuvres plus solaires. Le sommet fut certainement une quatrième symphonie acérée, brute, tendue comme un arc et brillante. On n’est pas près d’oublier le magistral scherzo avec des accords finaux coupés à la serpe qui témoignent de l’incroyable maîtrise de ce chef vraiment exceptionnel. Pour tout dire cela rappelait une certaine quatrième symphonie de Brahms donnée par le tout jeune Simon Rattle en 83 à Paris et aussi, excusez du peu, l’enregistrement de référence dirigé par Carlos Kleiber…

Et en ce 3 mai, à Pleyel toujours, il y avait également foule parmi laquelle on reconnaissait quelques personnalités (M le futur-ex directeur de la musique, M Jean Nouvel, M Pierre Bouteiller entre autres) pour l’unique venue à Paris cette saison des «Berliner Philharmoniker». Ce concert faisait suite au traditionnel concert européen du 1er mai que donne dans toutes les grandes villes européennes (sauf Paris !!), la formation berlinoise qui avait cette année élu domicile à Vienne. Au programme à Paris, la cinquième symphonie de Beethoven et «Ainsi parlait Zarathoustra» de Richard Strauss ; en d’autres termes des œuvres susceptibles de mettre en valeur un orchestre et un chef. Dans Beethoven, Dudamel attaque dès l’entrée chaque note avec une énergie communicative, il sollicite à tout instant ce fabuleux orchestre qui répond à la puissance dix ce qui donne une cinquième tellurique, presque tribale, pulsée et pleine d’une énergie jubilatoire. Tout y est admirable de son, de lisibilité (on découvre certains traits jusque là jamais entendus…), de précision et quand nécessaire de subtilité et d’émotion, tel le solo de hautbois à la fin du premier mouvement d’une incroyable beauté. L’investissement de chaque musicien est vraiment sans commune mesure avec ce que l’on voit ailleurs. Les contrebassistes courbés en deux, font vrombir en permanence leurs instruments, les alti au son soyeux et somptueux sont présents sur chaque note, les bois rivalisent de finesse et de subtilité pendant que le timbalier Wieland Welzel rayonne de bonheur sentant manifestement que ce Beethoven « prend» et plaît... Une fois de plus la question des instruments d’époque est renvoyée aux oubliettes devant un tel souffle et une maîtrise confondante. D’autant que cette interprétation très naturelle ne casse pas la musique, contrairement à la dernière mode venue de Brème, partout encensée (suivez mon regard…) qui donne un Beethoven tellement dépiauté qu’il en devient artificiel et désossé. Dudamel et les Berliner Philharmoniker, c’est aussi une sacrée équipe qui joue avec un plaisir évident et partagé (il suffisait de voir le sourire constant du premier alto échangeant des regards complices avec ses pairs), et qui interprètent un Beethoven noble et incandescent sans âge et donc indémodable. Dans Richard Strauss, Dudamel utilise toute la puissance de cette formation vraiment exceptionnelle, qui reste, quoiqu’en disent certains ronchons, la plus impressionnante du monde. Le célèbre début est anthologique de puissance et de timbres, résonnant magistralement devant un public à l’évidence ébahi. La suite de cette musique débordante et souvent confuse s’étire délicieusement comme il se doit. Il n’empêche l’orchestre est un miracle de chaque seconde et la trompette miraculeuse du célèbre Gábor Tarkövi fait mouche à chaque intervention. Une fois n’est pas coutume Gustavo Dudamel réussit même à faire jouer un bis aux "Berliner Philharmoniker", trop souvent pressés de quitter la scène, qui plus est le jardin féérique de «Ma mère l’Oye» de Ravel. Vous imaginez le bonheur d’entendre une telle musique par de tels musiciens. Gustavo Dudamel salue discrètement comme à son habitude au milieu de ses musiciens tous manifestement heureux. Et comme de bien entendu, le public est lui aussi comblé. Simon Rattle le disait à sa façon «Gustavo Dudamel est ce qui est arrivé de mieux et de plus important à la musique classique depuis longtemps ». On ne pouvait dire mieux !

Gilles Lesur

13 et 20 avril 2012, Salle Pleyel, Orchestre Philharmonique de Radio-France, Intégrale des symphonies de Brahms, direction : Gustavo Dudamel

3 mai 2012, Salle Pleyel, Berliner Philharmoniker, Beethoven : cinquième symphonie en ut mineur op 67, Richard Strauss, «Ainsi parlait Zarathoustra», poème symphonique op.30, direction : Gustavo Dudamel

Le concert du 3 mai sera diffusé sur France Musique le 30 mai à 20 hs.

Les concerts Brahms sont visibles ici : liveweb.arte.tv et celui du 1er mai à Vienne au programme légèrement différent et avec Gautier Capuçon en soliste ici  www.medici.tv

L’iconographie utilisée ici est de Chris Lee.
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