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Abbado un très grand parmi les très grands
07-06-2012


Tout a déjà été dit et écrit sur Claudio Abbado. Sur son immense talent d’abord, mais aussi sur sa maladie en 2001, sa maison en Sardaigne, ses femmes, ses départs successifs de la Scala, de l’opéra de Vienne, puis de la Philharmonie de Berlin (seul Karajan possède un tel palmarès), mais aussi de sa passion de bâtir des orchestres (quatre à ce jour, qui dit mieux ?) et de son amour des jeunes musiciens dont il dit « eux, ils ne sont pas blasés ». Il est tellement présent dans l’âme des mélomanes parisiens, alors même que ses passages dans la capitale se raréfient, qu’on en oublierait presque qu’il va avoir 80 ans en 2013. Il suffisait de voir Pleyel comble hier soir, certes avec quelques têtes connues, mais aussi et surtout pleine de vrais amoureux de la musique pour s’en persuader.

Claudio Abbado y dirigeait l’Orchestre Mozart de Bologne, son dernier «enfant» composé de l’élite des musiciens italiens, dans un programme Beethoven/Schumann. Cet orchestre, fondé il y a 8 ans, sonne déjà magnifiquement ce qui montre une nouvelle fois que d’excellents instrumentistes bien menés peuvent atteindre l’excellence au même titre que des phalanges à la longue histoire. En d’autres termes il n’y a pas que la tradition, il y aussi le talent et le travail. Ce qui frappe d’emblée en entendant cet orchestre est que ce travail de fond, notamment sur les cordes qui sonnent riches et pleines, se traduit par une musicalité et une écoute mutuelle sans quoi il n’y a pas de musique symphonique réussie. Dans tous les ensembles que Claudio Abbado dirige on entend tout de suite la patte du maître. Ainsi dès les premières mesures d’«Egmont» le décor sonore et poétique est planté grâce à un mélange d’engagement, de précision, de souffle et de lumière qui balaie tout sur son passage. Après cette ouverture acérée et tendue, mais jamais agressive ou pesante, et d’une incroyable lisibilité, Radu Lupu rejoignait de sa démarche légendaire son clavier pour nous donner, en osmose complète avec Abbado et l’orchestre, un concerto de Schumann d’anthologie. Un concerto au sens premier du terme, vrai dialogue à trois et à égalité entre le chef, le pianiste et les instrumentistes, tous magnifiquement investis physiquement sur leurs instruments, et parmi lesquels on distinguera notamment Raphael Christ, le premier violon à l’énergie communicative, Lucas Macίas Navarro, hautboïste de tout premier plan et la flûte élégante et subtile de Jacques Zoon. En quelque sorte de la musique de chambre à 70… Et lorsque Radu Lupu, en de rares mais incontestables occasions a la main maladroite, cela semble marginal tant la poésie qu’il est en train de faire naître sous nos yeux est évidente. En bis, Radu Lupu nous offre une «Rêverie» des «Scènes d’enfant» de Schumann en apesanteur où tout est nuance, grâce et poésie. La musique devient alors irréelle presque virtuelle comme une résonance d’elle-même. Extraordinaire et jubilatoire. Cet artiste est décidément un extra-terrestre.

En seconde partie, Claudio Abbado et l’Orchestre Mozart de Bologne nous offrent une deuxième symphonie de Schumann tout aussi aboutie et d’un naturel d’une saine évidence. Tout y est juste, les tempi, le climat, les couleurs, les transitions, le frémissement dans le tellurique second mouvement, l’énergie et la ligne. L’orchestre répond avec rapidité et précision à la moindre indication d’Abbado, qui n’en est pas avare, et qu'il fait vivre grâce à un geste à la fois ferme et généreux. Quant aux nombreux sourires complices à l’adresse des musiciens ils en disent long sur l’homme et sur sa passion évidemment intacte pour la musique et ses musiciens, indissociable chez lui. Beau signe de jeunesse! De toute évidence ce bonheur de jouer est communicatif, les musiciens comme le public réservant un triomphe à Abbado. Claudio vous êtes maitre parmi les maîtres. Revenez-nous vite !

Gilles Lesur

Salle Pleyel, 5 juin 2012, Radu Lupu, Orchestre Mozart de Bologne, Claudio Abbado, Beethoven, ouverture d’Egmont en fa majeur op. 84, Robert Schumann, Concerto pour piano en la mineur op. 54, Deuxième symphonie en ut majeur op. 61.

Claudio Abbado sera de nouveau à Paris le 14 avril prochain cette fois avec le Mahlerjugend Orchester pour une troisième symphonie dite «Ecossaise » de Mendelssohn qu’Abbado dirige magistralement depuis toujours. Il a même convaincu Marta Argerich de s’associer à ce concert pour un premier concerto de Beethoven qui promet. Précipitez-vous la location est d'ores et déjà ouverte. Claudio Abbado reviendra également le 11 juin, de nouveau avec Radu Lupu et l’Orchestre Mozart de Bologne, cette fois pour un programme Mozart lui aussi à ne pas rater...

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