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Mariss Jansons triomphe à Paris dans Tchaikowski
04-02-2013


La venue à Paris de l’Orchestre Royal du Concertgebouw d’Amsterdam est toujours un évènement que les amateurs de musique symphonique veillent à ne pas rater. Surtout quand cet orchestre, qui fête cette année ses 125 ans, est en déplacement avec Mariss Jansons, son directeur musical depuis 2004. Ce dernier, d’origine lettone vient de fêter ses 70 ans et de recevoir le Prix Siemens 2012 pour l’ensemble de sa carrière. Il est également depuis 2003 directeur musical de l’Orchestre de la Radio Bavaroise. La salle Pleyel était vraiment pleine ce samedi soir 2 février, et une fois n’est pas coutume, on y apercevait même des jeunes visiblement bien renseignés sur la qualité prévisible de ce concert.
Le programme comprenait pour débuter l’ouverture « De Getemde Feeks » de Johan Wagenaar (1862-1941), compositeur néerlandais né à Utrecht, et qui s’inspirait ici de la « Mégère apprivoisée » de Shakespeare. Celle pièce sans prétention et joyeuse permettait à l’orchestre de montrer d’emblée son incroyable niveau et son sens du collectif, une constante dans les très bons orchestres. Avec « Mort et transfiguration » de Richard Strauss, poème symphonique créé en 1890 sous la direction du compositeur, l’ambiance esthétique comme musicale était toute différente. Dans la lignée directe des pièces orchestrales de Liszt, cette errance de plusieurs motifs passant d’un registre à l’autre et successivement désarticulés par le compositeur, trouve en l’orchestre du Concertgebouw un interprète idéal de sonorités et de couleurs.
Mais la pièce de résistance de ce concert était naturellement la cinquième symphonie de Tchaïkovski. Mariss Jansons qui a été formé à Leningrad d’abord auprès de son père Arvid, lui aussi chef d’orchestre, puis auprès du grand Evgeny Mravinsky, connaît son Tchaïkovski comme peu. Il a d’ailleurs gravé, lors de son passage comme directeur musical à Oslo, une intégrale des symphonies de Tchaïkovski que beaucoup considèrent comme une des meilleures. Ce fut naturellement un très grand moment de musique que cette symphonie dirigée par l’immense Jansons à la tête d’un orchestre véritablement somptueux. Tout y était dans ces quatre mouvements si différents, de la gravité tellement russe du premier mouvement au solo de cor du second mouvement magistralement interprété par Laurens Woudenberg, en passant par le troisième mouvement de valse dirigé avec élégance et classe puis par un final conduit sur la longueur par un Jansons architecte de la structure et des sons. L’orchestre est d’un niveau exceptionnel, puissant mais jamais agressif, à la fois limpide et précis, évidemment engagé mais jamais racoleur. La polyphonie des différents groupes d’instruments est réellement fascinante permettant par exemple d’entendre la troisième partie de trombone en harmonie parfaite avec la première. Parmi les musiciens comment ne pas signaler l’exceptionnel hautboïste Alexei Ogrintchouk, né à Moscou en 1975, élève plusieurs années durant à Paris de Maurice Bourgue, dont chaque intervention captive et illumine notamment ses collègues de l’harmonie d’une justesse et d’une précision sans équivalent, même à Berlin ou à Vienne. La direction de Jansons est à l’image de l’homme, sobre, élégante et généreuse comme en témoigne ses bras très largement ouverts vers les musiciens comme s’il voulait recueillir leurs émotions pour les transmettre au public. La générosité est décidément bien une constante chez les grands musiciens. L’accueil du public fut à l’image de la soirée, exceptionnel …notamment à l’arrière-scène remplie de jeunes mélomanes à juste titre très enthousiastes ! Un magnifique moment de musique et d’émotion. Bravo et merci Maestro !

Gilles Lesur

Salle Pleyel, 2 février 2013, Orchestre Royal du Concertgebouw d’Amsterdam, direction : Mariss Jansons. Johan Wagenaar, De getemde feeks, Ouverture op. 25, Richard Strauss, Mort et Transfiguration, Poème symphonique op. 24, Piotr Illitch Tchaïkovski, Cinquième symphonie en mi mineur op. 64.

Cette chronique est dédiée à Daniel Lecointe membre du choeur de l'Orchestre depuis 1977 qui vient de disparaître.

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