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Bertrand de Billy triomphe à Paris dans la dernière messe de Schubert
02-12-2013


Le chœur de l’Orchestre de Paris a donné la semaine dernière à Pleyel sous la direction du chef français Bertrand de Billy une Messe N° 6 en mi bémol majeur D 950 de Schubert d’anthologie. Bertrand de Billy a réussi le prodige de faire oublier Carlo Maria Giulini avec qui le chœur avait donné cette œuvre en mars 1995. Le journal «Le Monde», longtemps très sévère sur le chœur de l’Orchestre de Paris, écrivait à propos de ce dernier dans son édition du 1er et 2 décembre «dans une forme éblouissante, puissance expressive, homogénéité des pupitres, justesse d’intonation». Bertrand de Billy y est également salué tel qu’il est, à savoir un très grand chef, et le travail de «reprise en main» de Lionel Sow, chef du choeur de l'Orchestre de Paris depuis 2011, clairement reconnu.

Bertrand de Billy, 48 ans, fait partie de ces nombreux chefs français qui font une carrière exceptionnelle à l’étranger. Après avoir été responsable de l’opéra-théâtre de Dessau de 1993 à 1995, il est rapidement invité à diriger le «Volksoper» de Vienne de 1996 à 1998. De 1999 à 2004, il est directeur du «Liceu» de Barcelone, puis de 2002 à 2010 de l’Orchestre Radio Symphonique de Vienne. Depuis 2010, il n’est plus directeur d'une institution mais continue d’être invité à diriger dans les plus grandes maisons d’opéra du monde (Vienne, New York où il a débuté en 1997, Covent Garden) et par les plus grands orchestres. Il est également invité régulier depuis 2002 du Festival de Salzbourg, vient de prendre la fonction de premier chef invité à l'Orchestre de chambre de Lausanne pour 3 ans (2013-2016) et jusqu’en 2018 de l'Opéra de Francfort. Revendiquant son éclectisme, il dirige un répertoire symphonique large allant de Bach à la musique contemporaine et l’opéra. Il a fait des débuts remarqués à l’Orchestre de Paris en 2010 dans un intelligent programme biculturel Webern, Chausson, Dutilleux et Schumann. Il y était donc à nouveau invité à la demande du directeur artistique de l’Orchestre de Paris, Didier de Cottignies. Pour ce concert, il avait choisi là encore de se faire côtoyer une œuvre française composée par un Camille Saint-Saëns âgé de 15 ans, admirateur de Schubert et des classiques viennois, et la dernière Messe d’un Franz Schubert disparu à 31 ans sans avoir pu l’entendre.

Tout au long de cette semaine avec ce chef, le travail s’est progressivement construit avec un mélange d’exigence, de précision et d’empathie dont on sait qu’il peut mener à de grandes choses avec les amateurs. Dès la piano/chef, Bertrand de Billy a montré qu’il savait exactement où il souhaitait aller, et tout en encourageant les chanteurs, il a su faire croître son exigence, notamment en termes de nuance et de phrasé. De plus, il possède la culture nécessaire pour replacer cette Messe, en fait presque un Requiem, dans le contexte viennois des années 1830 (Beethoven vient de composer la Missa Solemnis) et plus généralement dans celui de l’ensemble de l’œuvre de Schubert. On sent également chez lui un réel amour mêlé de respect pour cette œuvre puissante qu’il entend conduire comme le chef d’œuvre qu’elle est. Il possède cette autorité naturelle des grands chefs, exigeant avec le sourire et parfois humour, mais sans aucune tension, le meilleur tout en restant humblement au service de la musique, ce que certains chefs moins intéressants ont trop souvent tendance à oublier. S’il est bien au centre de l’interprétation, c’est d’un point de vue musical et spirituel et pour servir au mieux la musique.

Soyons clair, Bertrand de Billy a fait l’unanimité au sein des chanteurs. Il faut dire qu’il aime diriger les chœurs, aime et connait les voix comme peu. Ce n’est pas dans sa biographie officielle mais il a été pendant quelques années petit chanteur et on peut penser que ce genre d’expérience laisse des traces. De même que de diriger un orchestre viennois pendant 10 ans et de multiples opéras. En retour, Bertrand de Billy a également beaucoup apprécié le chœur, sa souplesse, sa réactivité et son enthousiasme. Venant d’un homme qui a dirigé tous les plus grands chœurs du monde, cela ressemble sans aucun doute à un compliment. Et croisant dans sa loge à l’issue du second concert le premier violon Philippe Aïche et l’entendant lui dire avec un grand sourire «A très bientôt, j’espère», on peut penser que les musiciens, qui semblaient investis et heureux, ont également été séduits. Et quel plaisir de répéter avec un chef qui possède une vraie conception, qui sait l'expliquer et qui de plus parle français, ce qui simplifie tout de même beaucoup les choses...

Et à l'avenir pourquoi pas un autre programme avec le chœur de l’Orchestre de Paris, par exemple associant Honegger (qu’il a beaucoup dirigé à Vienne avec le Wiener Singverein et dont on commémorera les 60 ans de la disparition en 2015) à Haydn, Franck (à quand enfin « Les Béatitudes » à Paris ?) à Zemlinsky (ses trop rares « Psaumes ») ou Berlioz à Liszt (Faust ou Dante symphonies ?). Certains et aussi certaines (car l’homme a incontestablement du charme..) se prenaient déjà à rêver de l’après 2016, fin présumée du contrat de Paavo Järvi à la tête de l’Orchestre de Paris et dont le devenir au-delà de cette période n’a pas encore été précisé alors que certains chefs sont déjà engagés jusqu'en 2020. Mais ne nous en emballons pas car ces choses sont complexes et le talent semble parfois jouer un rôle marginal dans ces nominations. Bertrand de Billy disait tout de même cette semaine sur France Musique, non sans humour, à ceux qui l’auraient oublié qu’il était assez libre et qu'il se sentait toujours français. Ce qui est clair à l’issue de cette semaine, c’est qu’il possède les qualités musicales et humaines pour le job de directeur musical (les viennois et les catalans l'ont compris il y a longtemps déjà) et que ce serait une grande chance pour le chœur de l’Orchestre de Paris à un moment où ce dernier vit une très enthousiasmante période de son histoire.

Gilles Lesur

Salle Pleyel, 28 et 30 novembre 2013, Symphonie en la majeur de Camille Saint-Saëns (1835-1921), Messe N°6 en mi bémol majeur D 950 de Franz Schubert (1797-1828). Orchestre de Paris, Chœur de l’Orchestre de Paris (chef de chœur : Lionel Sow), Malin Byström, Renata Pokupic, Werner Güra, Maximilian Schmitt, Hanno Müller-Brachman, direction : Bertrand de Billy.

En 2014, vous pourrez entendre Bertrand de Billy diriger la Chauve Souris à Vienne (janvier), Falstaff à Francfort (février), Lohengrin à Vienne (avril), Simon Boccanegra à Munich (avril), Faust à Vienne (mai), Arabella à Tokyo (mai) et Marie Stuart à Londres (juillet). Pour le répertoire symphonique, il y aura notamment un Daphnis et Chloé à Francfort (19 et 20 janvier) et une Messe de Saint Cécile à Vienne avec le Wiener Singverein (12, 13 et 13 mars).

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